I’m a poor lonesome vegan /

Discuter le bout de gras

Tu trouves où tes protéines ? (achètes toi une culture, fallait écouter en cours de SVT)

Tu dois avoir des carences c’est sûr (tu n’as pas suivi les cours de SVT mais tu es médecin ? whoua !)

On mange de la viande depuis la nuit des temps (sérieux ? faire la guerre aussi, je pensais qu’avec l’arrivée des ventes-privées chez Stella Mac Cartney le monde avait un peu évolué)

C’est dans notre culture (d’être antisémite, de croire que la terre est plate et que la femme n’a pas d’âme aussi)

Les animaux sont élevés pour qu’on les bouffe (c’est pour ça qu’ils gambadent vers l’abattoir et qu’ils se frottent avec plaisir à la pince électrique de l’équarrisseur)

Et on va faire quoi des animaux d’élevage hein ? y’en aura plus avec vous les végans ! (oui je comprend il ne faut surtout pas que des espèces disparaissent pour qu’on puisse continuer à les tuer, cqfd)

Un chat qui se lèche le cul c’est mignon, mais un pigeon qui euh…marche c’est dégeu (cohérence ?)

je refuse la maltraitance animale (mais de leur trancher la carotide encore vivant pendus à des crocs de bouchers pour finir en burger ça c’est nickel)

L’homme est omnivore (bonne idée, faisons un pâté avec ton hamster)

Y’a pas à dire, y’a que le duvet d’oie qui tienne vraiment chaud (tu habites la banquise ? moi qui croyais que tu habitais le 7ème, pardon)

Le soja c’est mauvais pour la santé (et ton KFC ?)

Le soja c’est mauvais pour l’environnement (on est bien d’accord, dommage que 85% de la production mondiale parte pour nourrir les animaux d’élevage, zut enfoirés de bestiaux capitalistes)

Faut arrêter c’est quoi le problème avec les œufs ? (ben je vais te couper le nez, te mettre en cage avec 10 de tes copines et je vais te faire pondre des chiards jusqu’à la fin de tes jours et tes garçons partiront direct vivants à la broyeuse, les mecs ça sert à rien et ça encombre)

Faut arrêter c’est quoi le problème avec le lait ? (ben je vais te foutre en cage avec 10 de tes copines, t’inséminer régulièrement, ton gamin, quand il naitra, je te le prendrai, on en fera un super filet mignon ou un sac Marc Jacobs j’ai pas décidé encore ; et toi tu seras bien gentille de me fournir du lait tous les jours, mais t’inquiète ta durée de vie sera divisé par 4 alors tu finiras vite sur des crocs de boucher)

Oui mais le foie gras c’est tellement bon (donc on a enfermé, torturé, laissé pourrir sur place (oui oui les volatiles ont des abcès) un animal qui n’a jamais vu la lumière du jour, on lui a arraché le foie pour que tu puisses kiffer à Noël avec des pruneaux et de l’armagnac et tu trouves ça juste, normal ? … je m’incline…)

Quand je dis que je suis antiraciste, anticapitaliste, antisexiste on crie hourra hourra bravo, quand je dis que je suis antispéciste on crie « fait chier, cinglé de végane, extrémiste, fasciste » (euh…)

Avec un régime végan il n’y aurait pas assez de place sur terre pour nourrir tout le monde (ha, je savais pas que grâce à l’élevage qui consomme 7 fois plus d’énergie que le maraichage et qui prend 26% des terres émergées de la planète, 70% de la déforestation de l’Amazone on nourrissait la planète entière, tu veux dire qu’on ne mange pas de la viande deux fois par jour dans le tiers monde et que les céréales qu’ils cultivent n’est pas destiné à l’élevage dans le Nord ? qu’ils ne doivent pas acheter leurs céréales de consommation le double du prix à ceux qui achètent moitié moins cher les céréales sus-cités ? Pardon, j’avais pas bien compris, mais bon on s’en tape, ils sont pauvres, ils sont sales et la plupart du temps ils sont noirs, heureusement que y’en a plein qui ont le bon goût de mourir de faim, ils doivent être végans c’est sûr)

On ne peut pas se nourrir que de graines (certes, je savais pas qu’on pouvait survivre avec des nuggets surgelés)

Et les légumes n’ont pas mal ? hinhinhin (sérieux…tu me fais le coup du cri de la carotte ?? vraiment ?? par contre une claque dans ta gueule, ça, ça risque de faire mal)

Ben c’est quoi le problème avec le poisson ? c’est pas pareil, c’est pas vraiment de la viande (ah bon ça pousse sur les arbres ?)

La viande de cheval dans les lasagnes, mais c’est horrrriiiiibbbllle !!! (les cochons et les bœufs, dis moi, ils étaient Kapos à Dachau dans une vie antérieure ? nan parce qu’ils méritent eux non ? c’est pas ça ?)

Moi je porte de la fourrure de lapin parce que de toute façon on les bouffe (ben euh non, ce sont pas les même)

Moi je porte de la fourrure de lapin parce que de toute façon on les bouffe (c’est à dire que c’est très certainement du chat chinois que tu portes, mais tu t’en tapes, c’est pas le tien)

Moi je porte du cuir parce que de toute façon les vaches on les bouffe (etttttt…renon, désolé, essaie encore)

L’angora c’est trop doux et ça tient super chaud (c’est aussi ce que pensent les lapins, dommage qu’on ne leur demande pas leur avis avant de leur arracher le pelage à vif)

Han j’achèterai jamais des doudounes avec des cols en coyote sauvage, c’est hooorrriiible (oui, je crois que la tienne c’est du raton-laveur, au temps pour moi)

La bouffe végane c’est dégeu ( c’est ce que je me dit aussi quand je vois la pauvreté de tes placards et l’insignifiante variété de tes assiettes ambiance « steack-frites-salades »)

De toute façon tu détestes les humains !!! (si je détestais les humains je serais cannibale pas végane).

Salut.

 

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Grossophobie /

Quand on arrive et que la première phrase c’est « whouah t’as maigri »

On se dit que c’est pas gagné.

Est ce que je dis « whaouh t’as perdu tes cheveux ». Pourquoi les personnes qui m’entourent croient-elles que je vais bien le prendre, que c’est un compliment, que je suis continuellement au régime en espérant un jour pouvoir perdre mes 25kg de trop; Déjà d’où le fait de perdre du poids chez un gros est un bon signe, pire de bonne santé ? La dernière fois que j’ai vu quelqu’un avec 25kg de moins c’était après une chimio. « Enfin bon, tant que tu te sens bien comme ça ». Je te remercie de ta grande mansuétude « et toi, avec ton 36, j’espère que tu te sens bien comme ça ».

Pourquoi les personnes sociaux-normées se sentent-elles toujours investies de vouloir notre bien ? Pourquoi de s’être conformé à une oppression sociétale, la frustration qui en a été généré donne t’il toujours un jugement qui se veut bien fondé ? Depuis quand la mingreur (minceur, maigreur, quelle différence à l’heure actuelle ?) est elle synonyme de bonne santé ? Je suis vegan, je fais du sport, du yoga, je ne bois pas, je ne fume pas, j’évite l’huile de palme et je consulte même un psy, merci. Il serait tant de reconnaitre la grossophobie comme une oppression à part entière, cumulative avec le sexisme bien sûr, mais qui a son oppresseur propre, car je ne connais pas plus grossophobe que les femmes sociaux-normées.

Il faut bien comprendre qu’en tant que gros(sse) nous sommes soumis à une oppression continuelle, si les marques semblent vaguement faire des efforts (merci à H&M d’avoir agrandi sa ligne « régulière » jusqu’au 46) il n’en est rien pour les marques de fitness, de yoga, pour qui être « en bonne santé » revient à rentrer dans une taille zero. L’oppression est dans la rue premièrement, de l’agression pure, méchante, insultante ; plus insidieuse, l’oppression de la pub, des boutiques, qui mettent en vitrine des mannequins en taille 36 voire 34 (sisi, j’en ai habillé un paquet), nous confortant dans l’idée que toute autre taille est hors norme. La vérité c’est que l’humain est petit, grand, gros, maigre, handicapé, de toutes variétés d’âge, de couleurs, de genre, d’apparence et que cela ne sont que des faits.

L’autre agression est celle, bienpensante des gens qui nous entourent. Quand mon copain me dit « tu n’es pas grosse » il m’ôte la légitimité à m’élever contre l’oppression que je subis depuis toute petite (merci les cours d’école). Je suis grande, grosse et ça n’est pas grave. Mais il parait que je ne suis « pas grosse » parce que du haut de mon 44-46 je suis « voluptueuse » quand mes consoeurs en 54-56 sont « rondes ». Non, nous sommes toutes grosses, et ça n’est pas une insulte et ça ne devrait jamais en être une ou un moyen d’oppression, car c’est un fait. Il existe même une « échelle de la grosseur » qui fait que mon 45 batard ne serait pas légitime à me battre avec mes camarades plus dodus.

Une autre oppression : Que les gens se disent que c’est de la flemmardise, que je n’ai pas de volonté, les personnes obèses, elles, sont malades, elles ont des excuses. Mais des excuses à quoi ? au fait de vouloir préserver mon temps, mon énergie à ne pas vouloir être mingre ? Quand mes médecins, à chacun de mes maux, me répondent à l’unisson : « vous devriez perdre du poids », j’ai envie de leur répondre « et vous ? arrêtez de fumer, de bouffer de la barbaque et de boire des cocktails aux Bermudes ». On se sent seul(e) quand on est gros(se) et malade.

Quand on s’invective contre la grossophobie, qu’on pose sous le label #bodypositive on se fait targuer de promotion de l’obésité. Quand dans l’Histoire avons nous décidé que la taille 36 était un modèle de poids de forme ? qui a décidé du poids de forme ? On voit de plus en plus de #healthhasnosize (la santé n’a pas de taille) mais le chemin a parcourir est gigantesque. Hélas l’histoire des stéréotypes de par les âges nous montrent que les canons et diktats ont toujours été contradictoires : femmes au front chauve, cheveux longs, grosses, maigres, poilues, rasées…Alors ce qui pourrait être pas mal, c’est de sortir des stéréotypes, et ça n’est pas être une miss France que de dire ça, ça veut dire éduquer son regard, son âme à ne pas en avoir, à ne pas conditionné l’amour qu’on peut avoir pour quelqu’un en fonction de son genre, de sa masse corporelle, de son âge, de ses habitudes : avoir ou non les cheveux longs, porter ou non du maquillage.

En militantisme féministe on nous apprend à ne pas taper sur les femmes, sous le prétexte d’entraide. Malheureusement aucun homme ne m’a sorti « putain, c’est lui ton mec ?? » en vérifiant bien que le gars en question était un « beau gosse sous tous rapports ». Que oui, le beau gosse là (je dis ça pour tous les beaux gosses avec qui je suis sortis) c’est bien mon mec. Quand les femmes arrêteront d’évincer les grosses de la liste des « possibles » nous pourrons nous concentrer sur l’oppresseur principal, celui qu’on emmerde quand même plus que les autres : le connard.

Mon mec a tout pour plaire, il est dans la quarantaine flamboyante, il a une barbe, des goûts de vieu’ con, pleins de tatouages (des vrais des 90’s) des fringues de sale jeune, un chien à la mode et plusieurs planches de skate (des vraies des 90’s) ; autant dire qu’il est plus prisé qu’un Iphone un jour de soldes. Comme tous les hipsters, nous nous rendons chaque semaine au studio de yoga avec nos tapis assortis. Une des profs, à qui il a visiblement tapé dans l’oeil prend un malin plaisir à flirter outrageusement avec lui en prenant bien soin de m’ignorer. Parce qu’on se dit qu’un mec comme lui ne peut pas sortir avec une grosse comme moi, on ne me range pas dans le clan des « possibles » donc de celles qui existent tout simplement.

Car la grossophobie c’est la déshumanisation. C’est ne plus être considéré que comme un gros ou une grosse, pas une femme, un homme. Que gros nous conditionne à être au choix : bon vivant, sensible, (p)(m)aternel, c’est pour nous les parfums « ronds, doux, sucrés, ambrés », que quand on mange une viennoiserie « ah ça fait plaisir un bon vivant qui se fiche de son poids », « toi on voit que tu aimes les enfants, tu as des seins pour être mère »

au

secours.

Parce que les gros non pas de sexualité, de désirs, d’attentes, de préférences, nous sommes pire que des playmobil, nous sommes des objets de moquerie. Je suis une femme, avec ses tares, ses qualités, ses atouts, ses défauts et je ne suis pas (autant que faire se peut) conditionnée par mon apparence.

Petite leçon de solfège

Dans les gammes majeures et mineures, l’accord de trois notes basé sur la sensible est considéré comme un accord dissonant et analysé de préférence comme un accord de septième de dominante sans fondamentale, plutôt que comme un accord diminué, comme c’est le cas pour l’accord de sus-tonique dans le mode mineur. Par exemple, en do majeur, l’accord si (sensible) – ré (tierce mineure de si) – fa (quinte diminuée de si) est analysé comme un sol7 sans la note sol.

En conséquence, la présence de la sensible comme note réelle signifie souvent la présence d’un accord de dominante, et correspond la plupart du temps — mais pas systématiquement — à une cadence ou une modulation.

Située à proximité extrême — seconde mineure — de la tonique qui l’entraîne dans son champ d’attraction, la sensible, ou VIIe degré, est considérée comme une note attractive seulement lorsqu’elle est tierce majeure d’un accord de dominante — avec ou sans fondamentale.